Melior, part 10

in fr •  6 months ago

Une douce brise me caresse les oreilles. Une brise rassurante, chaleureuse et fraiche. Une brise pleine de compassion. Une brise indulgente.

J’existe.

Après quelques heures à écouter la voix, slalomant entre éveil et sommeil, je me lève alors que les rayons du soleil commencent à apparaître à travers le volet de ma chambre. En descendant dans la grande salle, je constate qu’elle a retrouvé la splendeur qu’elle avait lors de mon arrivée. Au bar, l’aubergiste prépare à manger, dos à la salle. La seule chaise occupée est tournée face au feu. Son occupant est complètement trempé. De loin, il ressemble à un elfe avec sa stature fine et les deux bosses qui soulèves légèrement sa capuche. En descendant les escaliers, je fais craquer une marche. D’un geste vif, l’inconnu se retourne et je vois briller l’éclat d’une lame. Mon regard encore endormi et ma démarche pataude ne doit pas être inquiétante car après un instant de flottement, il se retourne doucement vers le feu tout en rangeant son arme.

C’est avec un sourire plus éclatant que jamais que le patron se retourne.
« - T’as l’air d’aller bien mieux ! J’ai pas bien compris c’qui t’arrivais mais t’avais l’air affolée, alors j’ai préféré te donner un somnifère.
- Vous pouvez m’expliquer ce qui s’est passé ?
- Bien sûr, assied toi ! Avant hier, t’es parti te coucher vers minuit il me semble, mais tu es revenue en pleurs en leur disant que tu voulais pas qu’ils te quittent, j'crois que l'alcool t'a fais plus d'effet que c'que tu pensais ! T’es restée encore quelques heures avec eux, sans t’arrêter de boire. Quand la salle fut presque vide, un ivrogne a traité le chef de ta ptite bande -Gordar c’est bien ça ?- de nabot. Il a voulu défendre son honneur en lui collant un pain dans la gueule, les bonnes méthodes quoi… Mais avant qu’il ne l’ai atteint, t’as hurlé qu’on devait respecter tes amis et y’a comme une tornade qu’a traversé la pièce. Le gars s’est accroché une seconde à un poteau, mais il s’est pris le nain en plein d’dans et ils sont partis se fracasser contre le mur du fond. Après ça, y a eu comme un silence. T’avais le regard tout vide. Et puis tout s’est remis à bouger. Tu t’es effondrée et t’as commencé à gémir en disant que tu l’avais encore fait ou je sais pas quoi. Gordar s’est précipité vers toi pour voir c’qui allait pas et l’autre gars est parti en courant. Il t’a emmené dormir et après ça, il se sont tous effondré de sommeil sur la table. Et puis hier t'as de nouveau paniqué en te levant donc je t'ai recouché.
-
- Allo ? T’es encore là petite ?
- Oui oui… Du coup vous avez du travail ? »

Authors get paid when people like you upvote their post.
If you enjoyed what you read here, create your account today and start earning FREE STEEM!