Melior, part 8

in fr •  6 months ago

Vous débarquez ? Reprenez depuis le début ici !

Je passe les dix jours suivants alités : Alban m’a expliqué que mon état était beaucoup plus grave que ce que je soupçonnais : une de mes côtes cassées a failli transpercé mon poumon droit. Je le remercie pour ses soins et reprend la route. Je ne dois pas oublier mon objectif : les marches de Storval. Mon retard peut difficilement être rattrapé mais, après tout, personne ne m’attend. Je décide alors de glaner des informations en me baladant sur les quais : j’aimerai trouver un bateau pour traverser le Lac des Braises pour ensuite continuer vers le nord sur la Charboneuse. Après une petite heure de recherche, je trouve une équipe de nains désirant se rendre dans les Pics de fer. Ils acceptent de m’emmener sur leur bateau, au moins jusqu’à Oreille-du-loup. Après quoi je devrai trouver un autre convoyeur car une bande de brigand sévit à quelques kilomètres a nord de la ville et attaque tous les convois qui navigue sur le fleuve. Magnimar a promis d’envoyer une expédition pour régler le problème, mais en attendant, toutes communications avec Landecorbeau est complètement interrompue. Partir seule vers ces bandits serait clairement du suicide.

Le Lac des braises s’étend sur environ 120 km vers le nord. Gordar, le capitaine de mon escorte m’explique que nous allons longer la rive ouest pour rester le plus éloigné possible de Murvipérin, la cité maudite qui borde le lac à l’est. La traversée prendra deux jours : nous dormirons sur la petite île qui se trouve au milieu du lac : elle ne renferme à priori aucun danger. L’Excavateur est un fier navire à deux voiles. Long d’une vingtaine de mètres. Il possède également une roue à chaque bord qui tourne paresseusement au fur à mesure de notre avancée. Il semble conçu pour transporter des dizaines de nains. Aujourd’hui, c’est une petite équipe de quatre représentant de l’espèce qui peine à remplir toutes les tâches nécessaires à la progression du bateau. Je donne un coup de main quand je peux, mais j’avoue que c’est la première fois que je me trouve à naviguer sur un tel engin.

Au milieu de la journée, la douce brise qui nous faisait avancer tant bien que mal s’éteint pour laisser un calme plat sur le lac. Gordar entre alors dans la cabine en grommelant. A travers la porte entrouverte, je le vois positionner trois magnifiques pierres sur un piédestal. Le bateau poussa alors comme un gémissement : comme si toutes les fibres du bois se réveillait après un long sommeil. Doucement, les roues se mirent à tourner et nous recommençâmes alors à avancer. Plus tard, Gordar m’explique qu'il s'agit de pierre magiques qui permettent au bateau d'avancer, même sans vent, mais qu’il ne pouvait pas me donner plus de précision car lui-même ne comprenait pas.

Comme convenu, nous arrivons le lendemain en fin, de journée à Oreille-du-loup. Gordar confie l’entretien du bateau à un jeune homme et nous emmène dans une taverne bordant le port. En marchant sur les quais j’admire les bâtiments autour de moi : de toute évidence, la ville a connu un récent essor qui lui permet aujourd’hui d’éblouir les étrangers. Des pavés flambants neufs bordent les deux rives sur toute la longueur de la ville et d’immense roues permettent de charger et décharger les cargaisons qui sont ensuite envoyé vers le sud. Malgré l’heure tardive, de nombreux hommes travaillent dur au chargement des dites cargaisons. Sur l’eau, je vois passer un immense bateau, trois fois plus gros que celui de Gordar qui semble crouler sous le poids de centaines de tonneaux.

« On raconte que les plus grands de Magnimar prépare le genre de fête qu’on n’a pas connu depuis des décennies, m’explique l’un des nains qui m’accompagnent. Des vivres sont réquisitionnés partout sur le territoire. Le plus dingue dans cette histoire c’est que chacun de ces bateaux sont escortés par des soldats de la capitale, mais qu’ils ne trouvent pas cinq minutes pour régler ce problème de bandit au nord… »

Nous finissons par trouver une auberge chaleureuse. Nous nous installons prêt du feu, et le patron, un immense demi-orc souriant, nous apporte une écuelle chacun, ainsi que des coupes de cidres. La soirée est très agréable. Gordar, manifestement le plus vieux du groupe, nous raconte des histoires de sa jeunesse. Assez rapidement, je remarque que le nombre de gobelins et de bêtes sauvages tués augmente au même rythme que la note du délicieux cidre que nous buvons. Alors que mes compagnons commandent une énième carafe, je décide de partir dormir. Je leur fais mes adieux car ils souhaitent partir tôt le lendemain. C’est avec le cœur lourd que je quitte la pièce en priant pour les recroiser un jour.

Authors get paid when people like you upvote their post.
If you enjoyed what you read here, create your account today and start earning FREE STEEM!